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Petite histoire des musiques aux racines étasuniennes
(ayant elles mêmes des racines afro-européennes)

1. 18ème    2. Fin 19ème    3. 1899-1919    4. 1920-1945    5. 1945-début 50's   
6. Années 50    7. 1958-1966    8. 1966-1969    9. 1969-1975    10. 1976-1979   
11. 1979-1982    12. 1982-1987    13. 1987-1993    14. 1994-2000    15. Après 2000

14. 1994-2000 : Jungle, Drum’n’Bass, Trip-Hop, Big Beat, Brit Pop, G-Funk, Neo Soul, Post Rock, Nu-Jazz et nouveaux Punk Rock

14.1 Jungle & Drum’n’Bass
La Jungle est antérieure à la Drum'n'Bass bien que les deux styles sont parfois confondus ou considérés comme des synonymes pour désigner une même musique. Pour certains, il y a pourtant une réelle différence sonore : on peut caractériser la Jungle (anciennement appelée « Jungle Techno ») par un travail rythmique complexe et un synthé assez pauvre (souvent un simple sinus avec des effets de filtre) alors que la Drum'n'Bass a une structure rythmique beaucoup plus simple (appelé 2-Step) mais un travail sur les synthétiseurs beaucoup plus poussé. Malgré une dénomination exotique, la Jungle n’est pas née dans la chaleur d’une forêt tropicale mais bien dans les caves sombres des clubs anglais. Le mot Jungle signifie dès lors Urban Jungle (jungle urbaine) pour décrire le quotidien difficile des jeunes dans une société anglaise culturellement verrouillée. La Jungle tire son origine des raves anglaises. Elle apparaît au début des années 1990 (vers 1991/1992). Certains eurent alors l'idée de superposer des breakbeats accélérés sur la rythmique classique techno. Puis le kick a été progressivement retiré et les breakbeats ont été de plus en plus travaillés, redécoupés, réassemblés, etc. La Jungle se nourrit aussi de l'influence de la communauté jamaïquaine anglaise et se met donc vite à intégrer des éléments de hip-hop, ragga, dub (voir histoire de la musique jamaicaïne). Deux albums sont ainsi considérés comme exceptionnels en la matière : « Timeless », de Goldie en 1995 et « New Forms » de Roni Size en 1996. Ces deux artistes sont les pionniers de la Jungle, au même titre que A Guy Called Gerald, 4 Hero ou les membres du label Metalheadz de Goldie.


La Drum and Bass est un genre de musique électronique et une danse apparus en Angleterre au début des années 1990, spécialement au fameux club de jazz « Blue Note » de Londres, en 1994. Le nom, qui peut aussi être orthographié drum'n'bass, drum&bass ou encore dnb, signifie littéralement « batterie et basse ». Elle est donc caractérisée par ses breakbeats de batterie et ses lignes de basses lourdes à très basse fréquence ayant pour but de faire ressentir au danseur des vibrations à l'intérieur du corps. Ces deux composantes constituent l'essence du genre. La mélodie est généralement minimale et sert généralement d'emphase aux percussions qui sont extrêmement répétitives. La drum and Bass peut être accompagnée de textes dits de manière rapide et rythmée par un MC. Elle emprunte abondamment des sonorités au Jazz, au Ragga, au Funk, à la Soul, à la Techno, au Hip Hop, voire à la musique classique, notamment par l'utilisation de samples. Cette variété de couleurs musicales permet d'exprimer une palette d'émotions très variées, alors que le tempo se situe généralement toujours entre 160 et 190 BPM. Au cours d'un mix drum and bass, l'auditeur pourra donc vivre des passages calmes et des passages d'excitation, des passages joyeux et des passages sombres, alors que le tempo reste identique. Cette constance du tempo est un élément clé de la pratique musicale du DJ. Le genre donne une grande importance particulière à la bassline (ligne de basse) : profonde, offensive et omniprésente, qui est autant ressentie physiquement qu'auditivement. Il y a alors une expérimentation considérable portant sur les différents timbres qu'une bassline peut adopter. La syncope complexe des lignes de batterie, breakbeats, est une autre facette de la production sur laquelle les compositeurs passent une très grande quantité de leur temps. Une phrase de batterie durant quelques secondes peut parfois prendre un jour ou plus à préparer, dépendant de l'investissement du compositeur. Plus récemment, des initiatives de moindre amplitude ont pris naissance au sein de la communauté Drum and Bass, celle-ci devenant progressivement de plus en plus scindée en sous-genres plus spécifiques. Parmi ceux-ci on peu citer le Darkstep, le Drumfunk (vers 1998), le Jazz Step, le Liquid Funk (vers 1998) ou le Techstep (vers 1996) et de nombeux autres sous-genres.

14.2 Trip-Hop & Big Beat
On s'accorde généralement sur le fait que les racines du Trip Hop se trouvent dans les groupes évoluant dans la ville britannique de Bristol au début des années 1990, à l'image de Portishead, de Massive Attack et de Tricky. Mais les premières réalisations du genre sont sans doute de Smith & Mighty, producteurs du premier single de Massive Attack. L'étymologie du terme Trip hop provient par ailleurs de la contraction de l'expression Abstract hip-hop, une branche plus instrumentale et expérimentale du Hip-Hop. Ainsi, tout en s'inspirant beaucoup des genres déjà existants, le but du Trip Hop est de procurer une émotion transcendante en travaillant un côté innovant et expérimental. Le son est donc souvent riche et composé de nombreuses pistes superposées, mêlant voix, instruments et samples électroniques, à l'image du « Endtroducing » de DJ Shadow, souvent cité comme référence en la matière. A la fin des années 80, Cameron McVey, mari et manager de la chanteuse Neneh Cherry, rencontre trois jeunes DJ et producteurs issus d'un sound-system local : The Wild Bunch. Pressentant un succès discographique possible, il leur propose d'aller en studio pour composer un disque. Cet essai se transforma en l’album « Blue Lines » (sorti en 1991) et posa ni plus ni moins que les bases du grand melting pot sonore des années 1990 et du Trip Hop en particulier. En 1993, quelque part à Londres, un certain James Lavelle créa le label de Trip-Hop et d'abstract Hip-Hop Mo'Wax et rencontra Josh Davies, alias DJ Shadow, considéré par certain comme le véritable pionniers du genre. En 1994, l'album « Protection » voit le jour. Moins révolutionnaire mais d'un génie mélodique et sonore remarquable, il marque une nouvelle étape pour le groupe. Tricky quitte le groupe peu après la sortie de cet album. Il dira plus tard n’avoir jamais le sentiment de faire partie du groupe. La même année (1994), le groupe Portishead, formé en 1991 à Bristol, sort l’album « Dummy ». En dépit de la timidité du groupe à l'égard de la presse, l'album a été un succès commercial, tant en Europe qu'aux États-Unis, tout comme les singles « Glory Box » et « Sour Times », et devint vite un des emblèmes du Trip Hop.

En Juin 1994, le journaliste anglais Andy Pemberton, est le premier qui emploie dans le magazine anglais « Mixmag » le terme de « Trip-Hop », pour qualifier cette nouvelle forme de Hip-Hop instrumental en vogue dans les clubs londoniens. En 1995, Tricky, sorti son premier album solo, « Maxinquaye », sombre, mystérieux, qui propose une combinaison de Hip-hop, Soul, Dub, Rock, Electronica et de Trip Hop et fut élu album de l’année par la revue musicale NME. En 1996, le groupe Morcheeba, formé à Londres, sorti son premier album « Who Can You Trust? ». Cet album fut immédiatement un gros succès et installa Morcheeba sur la scène internationale. La même année le goupe londonien Archive sorti « londinium », mélange entre du Trip Hop très sombre (Trip Hop de Bristol, dans la même lignée que le premier album du groupe Massive Attack) et du rap. « Londinium » est aujourd’hui considéré comme un incontournable en matière de Trip hop, le chant rap lui donnant une sonorité particulière. Par la suite le style du groupe évoluera pour intégrer des éléments Pop et de Rock psychédélique, au grand damne des premiers fans… Les groupes de Trip-hop sont principalement britanniques, mais le mouvement s'est généralisé au monde entier. Ainsi, dès 1996, le groupe belge (nommé à l’époque Hoover) sorti l’album Trip-Hop « A New Stereophonic Sound Spectacular ». En France DJ Cam, surnommé l'homme qui fait pleurer les platines contribua également au développement de ce mouvement en sortant les albums « Underground Vibes » (1995) et « Substances »(1996). L’age d’or du mouvement Trip-Hop s’étire de 1991 à 1998 (atteignant un pic de créativité en 1994-1995). Le genre s’édulcore et se diversifie peu à peu. Et si la popularité du genre, au début des années 2000, est nettement retombée, le Trip-hop se survit dans des métissages nouveaux (Rock, Pop ou electro, notamment) avec des artistes aussi divers que Björk, Gorillaz, Archive, Death In Vegas, Air… ou à travers la vogue de la musique d’ambiance (dite « lounge music »), diffusée dans les bars branchés. Le Trip-hop, à proprement parler, est passé de mode mais la roue tournant, et l’on peut parier que l’heure de réhabilitation viendra.
Le Big Beat est un genre musical dérivé du breakbeat dont le nom a été inventé par des journalistes anglais au milieu des années 1990. Il se caractérise par un mélange de Techno, de Rock, de Hip Hop et d'Acid House. Ce genre est apparu à Brighton sur les bors de la manche et est marquée par une puissance explosive des rythmiques. Le Big Beat trouve son propre créneau dans la confrontation de l'esprit Rock et de l'attitude House. Les grands noms du Big Beat ont tous en commun l'expérience des raves de la fin des années 80 et une fascination plus que déraisonnable pour le Hip Hop. Le Big Beat devint un mouvement à part entière en 1995-96 avec deux labels anglais, Skint de Brighton et Wall Of Sound de Londres. Parmi les grands noms et les pionniers du genre on peut citer Prodigy formé à Braintree (sud-est de l’angleterre) qui sort son premier album « experience » en 1992. Après cet album, Prodigy se branche sur le rock dur pour se construire de nouvelles influences. Il faudra attendre l'été 1994 pour voir sortir le deuxième album « Music For the Jilted Generation ». Premier des charts, l'album entre dans la catégorie des disques d'or moins d'une semaine après sa sortie. Les singles cartonnent les uns après les autres, les festivals s'arrachent Prodigy. Cet album fait parti de ceux qui ont posé les bases du mouvement Big Beat. Leur troisième album, « The Fat of the Land » sort le 30 juin 1997. C'est alors l'euphorie, en pleine vague Big Beat, notamment après la sortie du tube « firestarter ». The Chemical Brothers (The Dust Brothers à leurs débuts) de Manchester, sont également d’éminents représentants du genre. En 1992, ils rentrent en studio pour enregistrer leur premier morceau intitulé « Song to the Siren ». Succès au rendez-vous, le duo devient la coqueluche de la scène électronique britannique. En janvier 1994 ils sortent l'EP « Fourteenth Century Sky » qui ne fait que confirmer leur succès. Le 15 avril 1995, les deux compères sortent leur premier vrai album intitulé « Exit Planet Dust ». Le nom du groupe sera rebaptisé The Chemical Brothers, leur son est là, agressif et puissant. C’est le début de leur succès international. Le duo entamera une tournée mondiale avec notamment en première partie les Daft Punk étant encore à leurs débuts. Le duo récidive en 1997 avec leur album Dig Your Own Hole". Dans les mêmes sonorités Techno/Rock et Big Beat ce nouvel opus confirme leur maîtrise des sonorités électroniques. Le DJ Norman Cook, devient en 1996, Fatboy Slim. Il rencontre les Chemical Brothers qui l'encouragent à se lancer dans une carrière "Big Beat", ce qu'il va faire dès son premier album « Better Living Through Chemistry » (1997). Pour cet album, il co-fonde avec Damien Harris (un ancien de Island Record) son propre label : Skint Records. Quelques mois plus tard, le single « Rockafeller Skank » est un carton international, très convoité par le cinéma, la télé, la pub. The Crystal Method, de Los Angeles (1er album 1997) et Proppellerheads, de Bath en angleterre (1er EP 1996), sont également des grands groupes du genre.

14.3 L’hystérie Britpop
La Britpop est un mouvement de rock alternatif britannique du milieu des années 1990. Les groupes de Britpop étaient principalement influencés par la musique des années 1960 et des 1970, et particulièrement les deux tendances du Rock britannique de cette époque: celle des « rebelles » comme les Beatles, les Rolling Stones, Pink Floyd, Led Zeppelin et celle de leurs copains modernistes (les Mods) comme les Who, les Kinks, les Small Faces. Une autre source d'inspiration pour la Britpop était les idoles du Glam Rock comme David Bowie, T.Rex, Roxy Music, mais aussi les artistes Punk et New Wave.
Souvent cité comme la seconde invasion britannique, l'Indie Rock des années 1980 (The Smiths, Orange Juice, The Stone Roses, Joy Division) était aussi très influent.
Paul Weller est considéré comme le principal initiateur du mouvement. Ses enregistrements solos « Paul Weller » (1991) et « Wild Wood » (1993) en sont la preuve. Alors que Weller apporta la touche de "Mod" à ce qui allait devenir la Britpop, Blur apporta aussi plusieurs autres facteurs. Retrospectivement, les paroles et le son de « Modern Life Is Rubbish » (1993) de Blur, contenaient déjà la plupart des thèmes lyriques, des harmonies, et des chants très "britanniques" qui deviendraient plus tard reconnus sous le terme de "Britpop". Le terme "Britpop" a été utilisé la première fois en 1987 mais ça ne sera qu'en 1995 que ce terme émergea au grand jour, utilisés dans tous les grands magazines de musique. Les fans de Britpop sont divisés sur quel album a vraiment lancé le mouvement. Parmi les prétendants au titre, on trouve le premier album de Supergrass, « I Should Coco » (1995), le premier album d'Oasis, « Definitely Maybe » (1994), le deuxième album de Blur, « Modern life is rubbish » (1993) et l'album éponyme de Suede (1993). Malgré ces enfantillages, ces quatre albums ont définitivement ouvert la voie à beaucoup d'autres artistes. L'hystérie qu'a engendré la Britpop au Royaume-Uni s'est rapidement répandue en Europe occidentale et a aussi touché les côtes outre-atlantiques. En 1994 et 1995, d'autres groupes de Britpop commencèrent à émerger comme Mansun, Elastica, Radiohead, The Verve, PJ Harvey, Echobelly, Sleeper, Supergrass, Primal Scream, The Auteurs, The Boo Radleys, Pulp, Cast, The Bluetones, Black Grape, Space and The Divine Comedy. Certains étaient nouveaux, mais d'autres ont bénéficé d'une association au mouvement. Vers la fin de l'année 1996, le mouvement et l'hystérie commencèrent à décliner à cause de la trop grande attente des fans auprès des groupes, mais aussi de l'overdose et du surmenage des groupes. D'autres groupes de musique à forte consonance Britpop se sont formés à la fin des années 1990 et au début des années 2000 comme par exemple The Libertines. Durant cette période où le mouvement Britpop est dit "mourant", un autre courant, qui n'a pas forcément de nom si ce n'est une nouvelle vague de la Britpop, un 'melting pot' de genres différentiables de la Britpop de la fin des années 1990, mais toujours sur la scène britannique.

14.4 Gangsta Rap, G-Funk West Coast contre Rap East Coast
Le célèbre rappeur et producteur Dr. Dre, issu du groupe fondateur du Gangsta Rap N.W.A. (Niggaz With Attitude), est à l'origine du mouvement G-Funk caractérisé notamment par son utilisation de samples de Funkadelic et d'autres groupe de Funk des années 1970-80, particulièrement dans l'album « The Chronic » sorti en décembre 1992. En plus des sons Funk, le G-Funk utilise des éléments de la Soul, de sons issus de synthétiseurs, d’un flow modéré et est souvent accompagnées d'un refrain chanté par une femme, des grosses basses de synthé et de leads (sons aigus et longs) et du fameux vocoder (voix robotisée), de Talk Box, comme Roger Troutman dans "California Love" de Tupac et Dr Dre. Ce courant musical fut poursuivi dans de nombreux albums, dont la majorité sont issus de la maison de production Death Row (Suge Knight et Dr. Dre), en particulier en 1993 par la sortie du sulfureux « Doggystyle » de Snoop Doggy Dogg (né à long beach en 1971) avec le tube planétaire « What's My Name ? ». C’est le premier album de l'histoire à entrer directement numéro un dans les charts, popularisant ainsi le Rap Westcoast et le G-Funk.

Warren G (né à long beach en 1971) est également un des pionniers du G-Funk. Son premier album « Regulate... G-Funk Era », sort en 1994. Il comporte le tube « Regulate » (B.O. d'Above the Rim avec 2Pac) qui révélera Warren au monde entier. « Regulate » devient vite disque d'or. En parallèle, Warren G produit des artistes de L.A. et notamment un duo de Long Beach, The Twinz pour leur album "Conversation" (1995) qui est un classique pour les amoureux de G-Funk. En 1995, le goupe californien Tha Dogg Pound sort l’album « Dogg Food ». Le G-Funk fut également utilisé en 1996 dans le premier double album de l'histoire du rap américain, « All Eyez On Me » de Tupac Amaru Shakur alias 2 Pac, qui contient « California Love ». Le succès de 2 Pac a largement contribué à l'explosion commerciale mondiale du rap au cours des années 1990. Son album « Me Against the World », paraît en mars 1995 alors qu’il purge une peine d’emprisonnement. Le disque devient directement numéro un, faisant de 2 Pac le premier artiste à décrocher une première position en prison! Son charisme, sa fantaisie, son flow, ses paroles travaillées et sa mort prématurée en ont fait l'une des icônes majeures de ce genre musical, et une franchise rentable. Tupac meurt en effet en septembre 1996 des suites de ses blessures, après que des coups de feu eurent été tirés sur lui. Les raisons de cet assassinat sont encore discutées.
Durant cette période, le Rap East Coast suit le chemin inverse du Rap West Coast qui est devenu plus cool depuis l’avénement du G-Funk. Le East Coast devient quant à lui plus agressif et est à l’origine de certains des meilleurs albums de rap de tous les temps pendant cette période. Nous citerons des artistes issus du Juice Crew comme le Wu Tang Clan (de Staten Island, New-York) en 1993 avec "Enter the Wu tang 36th Chambers" qui est est connu pour avoir remis le East Coast au goût du Jour. NAS (du Queens) avec « Illmatic » en 1994, The Notorious B.I.G. (de Brooklyn) en 1994 avec "Ready to die" ou Mobb deep (du Queens) avec "The Infamous" en 1995 sont d’autres incontournables et classiques du genre.
En 1995, The Notorious B.I.G., dont les ventes de « Ready To Die » ont procuré un statut de superstar (4 millions d’exemplaires vendus) est honoré d'une série de récompenses artistiques : il remporte trois Source Awards, le prix Billboard du rappeur de l'année et est gratifié du titre honorifique de « Roi de New York » par le magazine The Source. Le natif de Brooklyn est bientôt inévitablement entraîné dans la guerre médiatique qui oppose les rappeurs des deux côtes américaines. L'assassinat de Shakur, le 7 septembre 1996, l’expose évidemment fortement et beaucoup présument même qu'il est à l'origine du meurtre de son rival. Dans la soirée du 8 mars 1997, il assiste à la cérémonie des Soul Train Music Awards qu’il quitte vers 0h30. Pénétrant dans une limousine censée le raccompagner à son hôtel, il s'assied à l'avant. La voiture, après avoir roulé 50m, s'arrête à un feu rouge. Il est 0h45, ce 9 mars 1997 et une Chevrolet Impala vient s'arrêter à la droite de la limousine. Son conducteur ouvre la fenêtre et tire entre 6 et 10 coups de feu dont 4 touchent le rappeur à la poitrine, qui est prononcé mort à 1h15. Le meurtre de Notorious B.I.G. produit une onde de choc considérable dans le pays, d'autant plus qu'il fait écho direct à celui de Tupac Shakur, six mois plus tôt. The Notorious Big fût découvert par Sean J. Combs en 1993 qui le signa sur son label « Bad Boy Records ». A la mort de son ami, ce producteur se consacra à sa carrière d'artiste et sorti en 1997 « No Way Out » sous le pseudonyme de Puff Daddy. Ce fût un gigantesque succès. Cet album fut sept fois disque de platine. Sous l'influence de ce premier album solo, Puff Daddy devient un des plus grands producteurs des États-Unis avec sa maison de production Bad Boy Records. Il collabora entre autre avec 112, Ma$e, Boyz II Men ou encore Mariah Carey. En 1999, son album « Forever » obtint 4 disques de platine. Parmi les grands noms du Hip-Hop commercial East Coast de l’époque, on peut également citer Jay-Z (5 albums entre 1996 et 2000) qui est aujourd’hui l’un des américains entre 20 et 45 ans les plus riches des Etats-Unis, avec une fortune estimée à 1,5 milliards de dollars. Eminem quant à lui, est qualifié, autant par la critique musicale que par la communauté hip-hop, comme un rappeur hors pair. Il se distingue notamment pour son maniement habile de l'allitération, de l'assonance ou des jeux de mots. Son premier album (Infinite) sort en 1996, uniquement à Détroit. Ce dernier ne se vendra qu'à quelques milliers d'exemplaires. Eminem se cherche alors ensuite une nouvelle identité musicale. C'est ainsi que naît Slim Shady, personnage présentant une facette plus 'sombre' du rappeur. En 1999, Eminem livre donc son troisième opus, « The Slim Shady LP », qui s'avère être son premier album sorti sur une major (sur le label de Dr. Dre). Des paroles indécentes et un flow unique et très technique permettent à Slim de connaître un succès mondial. Le 23 mai 2000, Eminem sort son deuxième véritable album, « The Marshall Mathers LP », toujours sous le label de Dr. Dre, qui est l'un des albums les plus vendus de l'histoire du Rap (plus de 1,7 million de ventes la première semaine).

14.5 Néo Soul (ou Nu Soul)
Neo Soul (ou Nu-soul) est un genre musical et un terme générique pour désigner le courant soul moderne. Ce style musical est généralement un hybride de la musique soul des années 70 avec des influences de Jazz, Funk, Hip Hop et House music. Le terme Neo Soul fut créé par Kedar Massenburg des studios Motown en 1997. Le public Neo Soul est généralement considéré comme underground, préférant cette musique privilégiant la qualité, l'intensité musicale et émotionnelle au mouvement commercial dominant (R'n'B/Pop, Urban Pop ou Urban Crossover). Ce style est né au milieu des années 90, du travail de certains artistes Soul anglais tels que Neneh Cherry, Omar Lye-Fook, Tony! Toni! Toné!. D’angelo qui sorti son premier album « Brown Sugar » en 1995 fait également parti des précurseurs du mouvement. En 1996, les chanteurs Maxwell et Eric Benét, qui commencaient tout deux leur carrières, propulsèrent le son Nu-soul sur le devant de la scène. Lauryn Hill reste la plus connue et la plus sollicitée des artistes Neo Soul, depuis la sortie de l'album « The Miseducation of Lauryn Hill » sorti en 1998, même si elle intègre également des éléments Hip-Hop, Reggae et R&B. L’un des plus gros succès Néo soul est le titre « Fallin’ » d’Alicia Keys sorti en 2001.
Le début du XXIe siècle est marqué par la résurgence d'une soul plus traditionnelle, dans la plus pure lignée de la Soul des années 60 et 70, qui délaisse les travaux de producteurs de studio, en particulier les beats Hip Hop et les samples, fréquents dans la Neo Soul, ainsi que les featurings de rappeurs, pour un son plus organique et enregistré à l'ancienne. Ainsi, l'utilisation du terme Neo Soul pour englober cette musique, bien que loin d'être rejetée, fait souvent l'objet de débats.

14.6 Post-Rock
Le Post-Rock est un sous-genre du Rock à tendance expérimentale et qui intègre des caractéristiques inspirées du Rock alternatif, du Rock progressif et de la musique électronique.
Le terme Post-Rock fut expliqué pour la première fois par Simon Reynolds dans l'édition mai 1994 du magazine The Wire pour décrire le son de certains groupes de Rock qui utilisent l'instrumentation typique du Rock, mais qui incorporent des rythmes, des harmonies, des mélodies, et des progressions harmoniques qui ne se trouvent pas dans la tradition du Rock. La majorité de ces groupes créent de la musique purement instrumentale. Malgré cela, beaucoup insistent sur le fait que le terme n'est pas adapté. Par exemple, le terme est utilisé pour décrire la musique de Tortoise et celle de Mogwai, deux groupes qui ont peu en commun (mis à part le fait qu'ils sont des groupes instrumentaux).
Des groupes du début des années 90, comme Slint (en particulier son album Spiderland) ou des années 1980 tel que Talk Talk, voire 70 avec Neu! ont fortement influencé le mouvement Post-Rock. Le groupe Tortoise, fondé à Chicago en 1993, figure parmi les fondateurs du mouvement. Ce groupe propose un mélange entre Rock Jazz, électronica, Dub et Ambient des plus novateurs, qui en fera l'un des groupes pionniers du Post-Rock. Vers la fin des années 1990, Chicago (Illinois) est devenu le fief de la nouvelle tendance et abrite bon nombre de groupes, produits par John McEntire (batteur de Tortoise) ou Jim O'Rourke (producteur, entre autres, de Brise-Glace ou Gastr del Sol). Malgré tout, le Post Rock s’exporte un peu partout. Ainsi, Mogwai, groupe écossais formé en 1995 à Glasgow est devenu un des groupes les plus influents et les plus exposés de la scène Post-Rock.
D’une manière générale, Le "Post-Rock" a non seulement donné ses lettres de noblesse à la musique purement instrumentale, dégagée de l'ego d'un chanteur et d'un discours singulier, mais a surtout établi des ponts entre différents genres musicaux : Tortoise mélange rock et jazz, guitares et digressions, The Town and Country, folk et electronica, impressionnisme et constructivisme, The Sea & Cake, pop et easy-listening, intensité et légèreté, Isotope 217° et Him ont un côté dub, Salaryman ou Trans am font dans le rock électronique.

À partir du début des années 2000, le terme de Post-Rock est moins employé. L'émergence de tendances très diverses a en effet provoqué une profusion de nouveaux termes qui peu à peu a vidé l'appellation de tout sens.

14.7 Nu-Jazz
Le terme nu jazz est une dénomination générale apparue à la fin des années 1990 pour désigner des styles musicaux qui marient des harmonies ou instrumentations jazz, funk, issues de la musique électronique et de l'improvisation libre. Également écrit nu-jazz ou nujazz, on rencontre également les termes de jazz électronique, electronic jazz, electro-jazz, e-jazz, jazztronica, jazz house, phusion ou future jazz. Le Nu-jazz va plus loin dans le territoire de l'electronique que son proche cousin l'Acid Jazz, qui reste plus proche du Soul et du rhythm and blues. Les compilations Saint-Germain-des-Prés Café donnent un aperçu de la scène Nu-jazz depuis 2001. D’après Tony Brewer, « Le Nu jazz est au jazz (traditionnel) ce que le punk ou le grunge ont été au rock. [...] L'accent est mis sur les chansons, pas sur les prouesses individuelles des musiciens. L'instrumentation du Nu jazz s'étend du traditionnel à l'expérimental, les mélodies sont fraîches, et les rythmes nouveaux et vivants. Avec lui, le jazz redevient plaisant. » Les racines profondément du Nu Jazz proviennent de l’utilisation d'instruments électronique dans les années 70 par des artistes de Jazz comme Miles Davis, Herbie Hancock, et Ornette Coleman. C'est en particulier le travail d'Herbie au début des années 80 avec Bill Laswell dans l'album Future Shock qui annonçait le style avec des incorporations d'electro et de rythmes hip-hop. À partir de la fin des années 80, des musiciens hip-hop travaillaient dans un style jazz-rap, tandis que de nombreux musiciens house s'inspiraient du jazz, en particulier du post bop et du jazz funk.

14.8 Pop Punk (MTV Punk)
Bientôt des infos pour tous les teenagers.
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